L'origine du pouvoir:
Dans toutes sociétés dites civilisées, le pouvoir s'incarne dans une entité qu'on appelle gouvernement. Que le régime politique soit démocratique, monarchique ou théocratique, le pourvoir réside et s'exerce dans l'État. La légitimité qu'a l'État d'exercer le pouvoir provient de la souveraineté individuelle à laquelle les citoyens d'un État renoncent et confient au gouvernement.
(lire: Léviathan, Thomas Hobbes, http://classiques.uqac.ca/classiques/hobbes_thomas/leviathan/leviathan.html )
Démocratie et exercice du pouvoir:
Dans un État libéral (au sens classique du terme) et démocratique le pourvoir s'exerce au travers trois piliers fondamentaux: l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Dans notre cas cela signifie: Le premier ministre et son conseil de ministres, l'Assemblée Nationale et les tribunaux. Pour préserver les sociétés démocratiques de l'abus de pouvoir et limiter l'arbitraire, des philosophes comme Locke et Montesquieu ont développé la théorie de la séparation des pouvoirs.
La société qui applique le mieux ce principe est selon moi la société américaine où le peuple élit le président ou le gouverneur, les représentants au congrès fédéral et au congres de leur État, les juges des tribunaux de premières instances ainsi que les Shérifs de comptés.
Au Canada et au Québec nous n'avons pas cette chance: nous élisons des députés qui appartiennent à des partis politique. Le parti politique ayant obtenu le plus de sièges remporte de facto le pouvoir exécutif et le privilège de nommer les juges et le chef de la police (GRC, SQ). Chez nous il n'y a pas de séparation étanche entre les trois piliers du pouvoir.
Avec la modernité vient un 4e pouvoir: celui des médias. Dans une société saine dont les paliers de pouvoirs sont étanches, leur rôle est d'enquêter et d'informer le public. Malheureusement dans la majorité des sociétés occidentales, le pouvoir médiatique s'est transformé en outil de propagande et les journalistes d'antan ne sont plus que des relationnistes publics qui forgent la pensée du peuple selon les bons vouloir de la classe dominante.
(lire: Propagande, médias et démocratie, Noam Chomsky & Robert W. McChesney, http://www.ecosociete.org/t048.php )
Le pouvoir invisible:
Il y a un 5e pouvoir dont on ne parle jamais et c'est le pouvoir du peuple. On en parle jamais et les élites intellectuels ne se penchent pas sur la question puisqu'il est de coutume d'exercer ce pouvoir uniquement un fois tout les 4 ans. De façon générale le peuple va voter aux élections pour ensuite se contenter du rôle d'observateur. Il renonce a son pouvoir d'influencer la politique et se condamne à être spectateur. Pourtant, si la souveraineté de l'État vient de l'ensemble des souverainetés individuelles, le pilier le plus important du pouvoir restera toujours le peuple. Comme disent nos amis d'Amérique latine: ''El pueblo unido jamas sera vencido''
Dans un État comme le Québec où un parti politique peut prendre le pouvoir de l'exécutif, du législatif et du judiciaire avec l'appuie de seulement 29% de la population il est garanti que le peuple désuni sera vaincu. La corruption s'érige en système et l'arrogance du gouvernement devient la norme. « Les peuples ne devraient pas craindre leur gouvernement, c'est le gouvernement qui devrait craindre le peuple. »-Thomas Jefferson. Donc exercer le 5e pouvoir n'est pas un loisir, c'est une nécessité.
Comment exercer le 5e pouvoir:
Exercer le 5e pouvoir c'est faire de la politique et il y a deux façons d'en faire. La première c'est de militer dans un parti politique qui se présente aux élections. La deuxième c'est l'action civile.
Être membre d'un parti politique ne doit pas signifier que l'on appuie aveuglément les positions et les actions du chef. Militer dans un parti politique c'est la possibilité de dicter à un chef son comportement et les actions qu'il doit poser. Être membre d'un parti c'est avoir la possibilité de prendre le micro au sein de plusieurs instances afin de faire valoir son point de vue et de le faire entériner par l'ensemble des membres du parti.
En ce qui concerne l'action civile, elle peut se faire seule ou en groupe plus ou moins organisés. Dans ce domaine, l'imagination et la créativité sont des outils précieux. Voici une liste de suggestions que tous et chacun peuvent mettre en application à partir de la maison:
1-Téléphoner au bureau de circonscription du ministre Bolduc pour lui réclamer les 215 000$ qu'il doit à la population en exigeant un retour d'appel de sa part.
2-Écrire au ministère de l'éducation et au bureau de circonscription du Dr Bolduc pour exiger sa démission.
3- Inonder le fax et le courriel de la Commission Charbonneau pour exiger la comparution de Jean Charest et de Philippe Couillard.
4- Inonder le fax et le courriel de l'UPAC pour dénoncer le parti Libéral et exiger des arrestations.
5- Contacter par téléphone et par écrit les différentes instances du parti Libéral afin d'exiger un gouvernement intègre et respectueux.
6-Écrire et déposer des mémoires dans les différentes commissions parlementaires.
Malheureusement, dans le cas du gouvernement Couillard je crois que ça ne serait pas assez convainquant. Alors il faut sortir de nos maisons. Nous pouvons manifester devant les bureaux de circonscription Libérale, faire du piquetage et empêcher l'accès aux bureaux. Nous pouvons faire des manifestations monstres devant l'Assemblée Nationale. Nous pouvons faire circuler une pétition PAPIER bien construite qui demande la démission du gouvernement Libéral.
Ensuite vient la désobéissance civile. Pas toujours légale mais légitime. Pour avoir du succès à ce niveau, il faut que la société civile soit solidaire envers elle même. Là, on commence à parler de grèves générales, de front commun qui n'a pas peur des lois spéciales et de piquetage sur les voies ferrées de marchandises ou devant les port de Montréal, Québec et Trois-Rivières. Dans un mouvement de masse nous pouvons décider d'arrêter de payer nos comptes d'Hydro-Québec, acheter notre alcool en Ontario et nos cigarettes chez les premières nations. Bref cela consiste en se tenir debout et ne pas abdiquer à la première difficulté.
Pour conclure, j'aimerais souligner que Facebook et Twitter sont des outils de communication et d'organisation exceptionnels, mais ce ne sont pas des outils d'action. Faire une page Facebook qui réclame la démission du premier ministre c'est ridicule. Harceler le parti Libéral sur Twitter c'est une perte de temps et les politiciens n'ont aucune crainte de ces phénomènes car ils savent que derrière un écran nous sommes seul. Sortez de chez vous, parlez politique avec vos voisins et les gens qui fréquentent le même parc que vous. Affichez vos couleurs au travail et mobilisez vos familles.
Un peuple allumé et mobilisé qui va au bout de ses convictions gagne toujours en démocratie.
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