lundi 14 juillet 2014

La défaite du PQ, à qui la faute?

Un peu plus de trois mois se sont écoulés depuis la défaite électorale du Parti Québécois. Il est temps que l'émotion se dissipe et que le rationnel revienne à l'ordre du jour.

Depuis le 7 avril, les indépendantistes prêchent l'unification des forces souverainistes tout en entretenant des guerres de clochers.

Des chiffres et des faits:

Plusieurs Péquistes reprochent à Option Nationale d'avoir divisé le vote indépendantiste. Cette affirmation est vrai dans une seule circonscription: Borduas. Si on ajoute les 246 votes obtenus par Option Nationale aux votes obtenus par le Parti Québécois, Pierre Duchesne aurait conservé son siège. Pour ce qui est du reste, Option Nationale est un parti politique marginal, leur meilleur résultat électoral appartient à Catherine Dorion (1513votes) et leur chef Sol Zanetti récolta à peine 782 votes.
Ce n'est donc pas Option Nationale qui a fait une différence. Ce parti n'a pas de membres et encore moins d'organisation; ils n'ont pas présenté de candidats dans 8 circonscriptions.

Le parti qui a fait le plus de dommages au Parti Québécois c'est Québec Solidaire. Si on ajoute le vote obtenu par QS aux votes obtenus par le PQ, 7 circonscription Libérales seraient Péquistes et 11 circonscriptions CAQistes seraient Péquistes. Québec Solidaire propose des candidats dans toutes les circonscriptions et leur résultats électoraux menacent de près plusieurs sièges Péquistes.

Cela démontre trois choses:
1-Dans les circonscriptions francophones, Québec Solidaire avec ses 1000-2500 votes fait perdre des sièges au Parti Québécois au profit de la droite Caquiste et menace plusieurs autres sièges.
2-Option Nationale n'est pas une menace significative.
3- Si on exclu la division du vote indépendantiste et progressiste, le parti Libéral serait encore au pouvoir avec une majorité d'un siège.

Donc, si le Parti Québécois cherche des coupables pour expliquer sa défaite, il n'a qu'à se regarder dans un miroir.

Ce qui a fait défaut:

1-L'organisation: J'aimerais que l'organisateur en chef du PQ m'explique une chose. Si Mme Marois avait la prérogative de déclencher les élections, pourquoi à ce moment précis tout ce que nous pouvions voir à RDI et LCN c'était les pancartes du parti Libéral au tour de l'Assemblée Nationale et l'autobus Libéral devant le bureau du gouverneur général? L'élection n'était pas déclenchée et le PQ était déjà en retard.
J'aimerais aussi savoir pourquoi le Parti Québécois perd son temps et gaspille le travail de ses militants dans des châteaux fort Libéraux. Faire campagne dans Acadie, Chomedey et Westmount c'est une perte de temps et d'argent.

2-Le programme: ''La souveraineté n'est ni à droite ni à gauche'' Maudit soit Bernard Landry pour avoir fait de cette phrase un dogme. Aujourd'hui le Parti Québécois est tellement d'extrême-centre pour faire plaisir à tout le monde qu'il se retrouve à cheval sur la clôture les deux couilles coincées dans les barbelés. Totalement incapable d'orientations politiques cohérentes, ce parti ne peut pas occuper l'espace politique et laisse donc le champ droit à la CAQ et le champ gauche à QS. Arrêtez de réfléchir dans l'optique d'un bon gouvernement de province, dîtes nous comment vous imaginez la souveraineté du Québec. Comme j'ai déjà dit à Bernard Landry dans les coulisses d'un congrès: '' les québécois veulent voir la couleur du char pis ses options avant de l'acheter''.

3-S'assumer pour progresser: Tant et aussi longtemps que l'indépendance du Québec sera l'article 1 du Parti Québécois, le parti Libéral transformera chaque élections en élection référendaire. Oui, le Parti Québécois veut faire l'indépendance, pourquoi tenter de le nier? Oui, non , peut-être, on sait pas, on a pas prévu de référendum dans le mandat mais on est pas certain qu'on en fera pas un. Calvaire assumez-vous, c'est pas normal d'avoir honte de sa raison d'être. Savez-vous que le Parti Québécois a publier son premier manifeste sur l'indépendance pour souligner ses 40ans? Tout le congrès applaudissait! Calvaire vous êtes 40ans en retard sur votre option et vous applaudissez, je comprend pas.

En conclusion, tant que le Parti Québécois n'aura pas la colonne vertébrale nécessaire pour porter l'idée d'indépendance, tant que les organisateurs du parti se tourneront vers des stratégie vouées à la défaite et tant que le programme du parti ne sera pas cohérant aux yeux du public, le Parti Québécois sera voué à l'opposition.

Si le PQ souhaite le retour au bercail des militants d'Option Nationale, il devra avoir le courage de ses ambitions et si il veut reconquérir le cœur de l'électorat québécois le parti devra démontrer qu'il est véritablement porteur d'un projet de société. De plus les membres doivent arrêter d'applaudir les absurdités de l'establishment du Parti, ils doivent prendre position, débattre aux micros et s'imposer.

                                                                       
                                                                                          Charles Vaillancourt
                                                                membre du Parti Québécois depuis le début des années 2000

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