La fin de semaine dernière lors de la Conférence Nationale des Présidents et Présidentes du Parti Québécois, Jean-François Lisée s'en est pris ouvertement à Pierre-Karl Péladeau au sujet de son statut d'homme d'affaires. En affirmant ''On fait de la politique ou on est patron de presse'', monsieur Lisée venait de lancer un pavé dans la mare.
Hier, François Legault s'est emparé de la balle au bond et a déposé la motion suivante: ''qu'un député, ou un membre de sa famille immédiate, ne puisse d'aucune façon détenir directement ou indirectement la majorité des actions ou une position de contrôle dans une entreprise médiatique.''
Ce matin en chambre, monsieur Legault a interpellé le premier ministre Couillard sur le sujet et la réponse de ce dernier fut celle d'un homme d'État face à un bambin qui cherche vengeance: ''Ce que je crois cependant, c'est qu'il faut rediscuter entre nous cette motion
qui, d'après nous, est un peu à court terme sur des points à marquer sur un
adversaire dans un contexte particulier, alors qu'on aurait avantage, entre
nous, parlementaires, à élever la discussion au bon niveau ....'' Dans la même optique opportuniste, déjà hier Québec-Solidaire se positionnait en faveur de la motion présentée par la Coalition Avenir Québec.
Dans son point de presse concernant la motion, monsieur Legault affirme être préoccupé par l'avenir de nos institutions, pour lui l'enjeu concerne l'intégrité de la fonction d'élu et d'un autre coté l'indépendance des médias vis à vis le pouvoir politique. Il avance que pour la CAQ: ''il est clair pour nous qu'il y a conflit d'intérêts tant que monsieur Péladeau sera en politique active comme député tout en étant l'actionnaire de contrôle de Québécor.''
Conflit d'intérêts:
Il est évident que le code d'éthique qui régit la conduite des membres de l'Assemblée Nationale doit prévoir des règles qui font en sorte de proscrire les conflits d'intérêts. À mon avis, tel que rédigé et sanctionné en décembre 2010, le code rempli bien ces fonctions malgré qu'il y ait toujours place à l'amélioration. D'ailleurs, le chapitre II du Code d'Éthique et de Déontologie des membres de l'Assemblée Nationale couvre de long et en large la notion de conflit d'intérêt. Toute cette notion tourne au tour du fait qu'un élu ne puisse pas profiter de son rôle de législateur ou d'exécuteur pour favoriser ses intérêts privés ou ceux d'un proche. Le principe est qu'un élu ne puisse pas profiter de son statut politique pour s'enrichir personnellement avec les deniers publics. La logique est qu'on ne peut pas à la fois être un élu et propriétaire ou entrepreneur qui fait de l'argent au dépend du gouvernement. Le cas d'espèce le plus récent est probablement celui de l'ex-ministre David Whissell.
Dans le cas qui nous intéresse ici il faut se poser la question suivante: Est-ce que Québécor va s'enrichir avec l'argent des contribuables? Si les presses de Québécor n'imprime pas de documents gouvernementaux la réponse est non. Si Vidéotron diffuse le canal de l'Assemblée Nationale, ce n'est pas le gouvernement qui enrichit Québécor ce sont les abonnées à Vidéotron.
Donc en ce qui concerne la notion de conflit d'intérêts, monsieur Legault n'a pas à s'inquiéter. La motion qu'il propose ne peut pas se baser sur ce principe pour être défendue et adoptée. De plus, il faut considérer le caractère personnel de cette motion, elle vise un seul individu et devient par le fait discriminatoire. Si monsieur Legault avait eu un peu de courage et d'ambition, il aurait déposé des amendements au code d'éthique qui feraient en sorte d'encadrer certaines pratiques et certains privilèges des élus. Par exemple, il aurait pu bonifier le principe qu'un élu doive se retirer des débats et des prises de décisions lorsque l'Assemblée Nationale ou le conseil des ministres travaille sur des sujets qui couvrent ses intérêts privés. Il est possible avec de telles mesures et beaucoup de bon sens de mettre les institutions québécoises à l'abri des conflits d'intérêts.
Réclamer la vente d'un patrimoine ou la démission d'un député dans de telles circonstances constitue une atteinte aux droits et libertés conférés par les chartes canadienne et québécoise des droits et libertés. Pour un entrepreneur monsieur Legault nous déçoit. Le chef de la deuxième opposition, si il est sincère dans son désir de protéger les institutions devrait prendre en considérations le principe fondamental de la démocratie qui est: Tout citoyen canadien a le droit de vote et est éligible aux élections législatives fédérales ou provinciales. Monsieur Legault devrait s'interroger sur la validité de sa motion devant le test de la doctrine établie à ce sujet par la cour suprême. Pour user de la close nonobstant sa proposition ne tient pas la route.
La séparation des pouvoirs:
En philosophie politique, tous conviennent que les médias constituent la quatrième branche du pouvoir. Ils ont une influence sur la vie politique d'une nation en tant qu'outils de diffusion des idées. Historiquement au Québec, plusieurs journaux à grand tirages ont appartenu à des politiciens en fonctions qui se servaient de cet outil pour diffuser leurs pensées politiques. On a qu'à penser au Devoir fondé et dirigé par Henri Bourassa ou la Patrie sous contrôle d' Honoré Beaugrand. Aujourd'hui on peut penser à la Presse qui n'est rien d'autre que le département des communications du Parti Libéral et Radio-Canada qui diffuse la pensée fédéraliste canadienne.
Monsieur Legault semble s'inquiéter particulièrement du cas Péladeau-Québécor même si monsieur Péladeau n'intervient pas dans le contenu et l'orientation de ses médias. Si on analyse le contenu du Journal de Montréal et de TVA on peut s'apercevoir que les fédéralistes et libéraux ont leur tribune, comparativement à Gesca qui ne laisse aucune place aux souverainistes. En ce qui concerne la diversité médiatique des opinions, monsieur Legault faites vos devoirs. Vous voulez ''un mur de feu'' entre les médias et les élus. Une fiducie sans droit de regard monsieur Legault c'est un mur de brique, la brique perdure dans le temps tandis qu'un feu fini toujours par se consumer entièrement. Parlez nous plutôt des liens entre le Parti Libéral et Power Corporation, cet empire présent dans plusieurs sphères de l'économie à qui les premiers ministres libéraux obéissent au doigt et à l'œil aussitôt sortis de Sagard.
Vous voulez aborder le thème de la séparation des pouvoirs, attaquez-vous plutôt aux juges ''Post-It''
et à la police politique qu'est devenue la Sureté du Québec, incapable de faire son travail en matière de corruption et de collusion.
De plus, monsieur Legault, vos propos sont méprisants pour l'ensemble des citoyens et citoyennes du Québec. Vous affirmez presque que le bon peuple est trop stupide pour lire entre les lignes des éditoriaux. En affirmant que Québécor possède près de la moitié des médias du Québec vous oubliez toutes les autres sources d'informations disponibles. Il y a celles de la concurrence idéologique et il y a l'internet et ses médias sociaux. Dans la balance du pouvoir médiatique, Québécor n'a pas le poids que vous souhaitez lui accorder. Aussi il ne faut pas passer sous silence le code de déontologie journalistique. Avez-vous confiance en cette institution qu'est le Conseil de Presse du Québec?
Aussi, votre motion est un insulte à la démocratie, particulièrement envers les électeurs de St-Jérôme. C'est en toute connaissance de cause que les électeurs de cette circonscription se sont prononcé(e)s en faveur de monsieur Péladeau.
En conclusion, monsieur Legault, hier et aujourd'hui vous avez fait preuve d'une grande immaturité politique et d'une totale incapacité à prioriser les affaires de l'État. Malgré votre affirmation contraire, votre démarche est totalement partisane et juvénile. Vous qui aspirez à devenir premier ministre, vous avez démontré dans cet épisode que vous êtes incapable de vous élever au niveau de l'intérêt national et que votre réflexion ne dépasse pas la hauteur de votre nombril.
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mercredi 8 octobre 2014
vendredi 26 septembre 2014
PQ- L'agenda des prétendants
Décidément la course à la chefferie du Parti Québécois se transforme en référendum sur l'agenda menant à l'indépendance. Messieurs Drainville et Lisée furent les premiers à déposer leurs échéanciers. Voilà que monsieur Cloutier fait de même et demande sur sa page Facebook ''Qu'en pensez-vous?''
Point par point j'exposerai dans ce billet mon opinion sur la démarche vers le pays de monsieur Cloutier.
2015 Définir:
Définition d'un projet de pays pour le Québec.
Création d'une équipe de préparation à la souveraineté responsable de la mobilisation, du contenu et des communications entourant le projet souverainiste.
Participation des citoyens et des citoyennes du Québec à l'élaboration du projet de pays.
(de 2015 à l'élection de 2018)
Je suis tout à fait d'accord avec le fait que le Parti Québécois doit définir les grands principes sur lesquels il souhaite fonder le pays du Québec. Le parti doit se soustraire du concept de gouvernance provinciale et doit avoir des objectifs d'État indépendant.
Pour y parvenir, nul besoin de mettre sur pied une équipe. Tout est déjà en place. En ce qui concerne la mobilisation et la communication des idées du parti, les statuts du Parti Québécois prévoient déjà à l'article 43 que le conseil exécutif de circonscription a pour mandat: a)voit à la promotion du programme dans la circonscription. f) est responsable de la formation des membres de la circonscription j) prend toutes les mesures nécessaires pour assurer la participation au travail du Parti d'un nombre sans cesse croissant de citoyennes et de citoyens et est responsable de l'accueil des nouveaux membres. En ce qui concerne l'élaboration des idées et la réflexion politique, le leadership dans ce domaine est supposé s'exercer au sein de la Commission Politique du Parti Québécois tel que prévu à l'article 140 des Statuts du Parti Québécois. Tous ces gens sont élus, ils n'ont qu'a faire leur travail. Le chef n'a pas besoin de mettre sur pied une équipe parallèle, que le parti fasse son travail.
Monsieur Cloutier prévoit prendre environ trois ans pour définir le projet de pays. Ce qui me pousse à me poser une question. Ce projet n'est-il pas déjà établi, du moins en bonne parti? Si ce n'est pas le cas. Que fait la Commission Politique depuis toutes ces années? Le Parti Québécois a attendu 40 ans avant de publier son Manifeste pour la Souveraineté. Peut-être qu'il y a du vieux bois mort à bruler au sein des instances du parti. En tout cas, ça dort au gaz.
Avec une démarche sérieuse, le prochain chef doit être en mesure de se faire élire en diffusant ses idées sur le projet de pays, pas juste en présentant une ligne du temps. Une fois élu, le nouveau chef doit réunir les instances nécessaires à l'élection d'une nouvelle Commission Politique et doit faire modifier les Statuts afin que la Commission siège à chaque mois. Tout ça peut être fait dans les 6 mois suivant l'élection du prochain chef. Ce qui nous mène à environ fin 2015 ou mieux.
À partir de là, en un an, les instances du parti doivent réfléchir, débattre et voter le ''projet de pays'' afin d'approuver le tout en Congrès National au plus tard fin 2016.
2018 Élire:
Élections Générales
La démarche que je propose permettrait au Parti Québécois de bénéficier d'un an et quelques mois de campagne. Il ne faut pas attendre que Philippe Couillard déclenche des élections pour diffuser le projet de pays et convaincre la population de s'y rallier. Fin 2016 et 2017 doivent servir à mobiliser et informer. Le Parti Québécois doit prendre ce temps disponible pour agir comme si il était en campagne référendaire en espérant obtenir de la population le mandat clair et explicite de tenir un référendum sur l'indépendance du Québec en 2019. La démarche de monsieur Cloutier ferait perdre ce temps précieux au parti en plus de laisser planer toutes sortes de rumeurs concernant les intentions du Parti Québécois. Philippe Couillard a gagné la dernière élection parce que le Parti Québécois n'avait pas de position cohérente concernant l'idée d'indépendance, il ne faudrait pas faire le même cadeau au Parti Libéral une autre fois.
2019 Rédiger:
Compléter les études sur la souveraineté
Rédaction d'une constitution du Québec
Compléter quelles études ? Sur la quadrature du cercle? Franchement je ne comprend pas ce qu'il y a à étudier. Le lendemain de l'élection (avril 2018 si Couillard ne les devance pas malgré la loi) la priorité est de prendre le contrôle des finances publique et de la diplomatie Québécoise. Monsieur Parizeau a pris un an et un mois pour tenir un référendum. Pourquoi prendre presque trois ans? La démarche Parizeau peut être mise à jour et réappliquée.
Une constitution est de par sa nature la charpente d'un projet de pays. C'est pourquoi, en toute logique, une constitution de transition doit être adopté en même temps que le projet de pays du Parti Québécois. C'est un outil dont les militants ont besoin pour convaincre le peuple de donner un mandat clair au Parti Québécois. Il faut donc que cette constitution soit rédigée et approuvée par les membres du parti avant l'élection.
Une fois au pouvoir, le parti ne doit pas sombrer dans la gestion d'une province le temps de faire ce qu'il aurait du faire quelques années auparavant. Il doit mettre la fonction publique au service de l'indépendance en vu de tenir un référendum le plus tôt possible.
2020 Mobiliser:
Dévoilement du projet de pays
Dépôt de la constitution du Québec
Lancement d'une mobilisation citoyenne
Dévoiler le projet de pays en 2020, c'est être deux ans en retard, le train passe en 2018. Même chose pour la constitution. Le Parti Québécois doit se faire élire sur les bases de son projet de pays. Garder les choses secrètes et nébuleuses donne la victoire au Parti Libéral.
Si le Parti Québécois fait son travail comme il se doit à partir de la fin de l'année 2016 et obtient une victoire électorale sur la base du projet de pays, nous pourrons considérer que la population est mobilisée derrière l'idée d'indépendance. Nul besoin de retourner à la case départ.
2021 Consulter:
Consultation populaire sur la souveraineté du Québec.
Comme je l'ai démontré, si le Parti Québécois ne ''niaise pas avec le puck'', nous serions en mesure de tenir un référendum dans les environs d'Avril ou Mai 2019. Une fois les résultats du référendum annoncés, si le OUI l'emporte on célèbre et la semaine suivant l'Assemblée Nationale proclame d'indépendance du Québec et adopte la constitution provisoire. Ensuite on met sur pied une assemblée constituante et on commence à vivre comme un pays libre. Pourquoi monsieur Cloutier veut attendre de quelques mois à un an pour proclamer l'indépendance ? Pour négocier avec Ottawa?
En conclusion, je m'oppose à tout agenda qui étire dans le temps le projet d'indépendance du Québec. Chaque jour passé dans le Canada nuit au Québec. Chaque année compte. C'est pourquoi je préconise une démarche intense, ardue, mais payante à court terme. Le prochain chef et le Parti Québécois devront mettre les bouchées doubles et démontrer qu'ils sont capable de marcher et manger de la gomme en même temps. Repousser l'idée d'indépendance aux calendes grecques démoralise les troupes et concède du terrain aux autres partis.
Point par point j'exposerai dans ce billet mon opinion sur la démarche vers le pays de monsieur Cloutier.
2015 Définir:
Définition d'un projet de pays pour le Québec.
Création d'une équipe de préparation à la souveraineté responsable de la mobilisation, du contenu et des communications entourant le projet souverainiste.
Participation des citoyens et des citoyennes du Québec à l'élaboration du projet de pays.
(de 2015 à l'élection de 2018)
Je suis tout à fait d'accord avec le fait que le Parti Québécois doit définir les grands principes sur lesquels il souhaite fonder le pays du Québec. Le parti doit se soustraire du concept de gouvernance provinciale et doit avoir des objectifs d'État indépendant.
Pour y parvenir, nul besoin de mettre sur pied une équipe. Tout est déjà en place. En ce qui concerne la mobilisation et la communication des idées du parti, les statuts du Parti Québécois prévoient déjà à l'article 43 que le conseil exécutif de circonscription a pour mandat: a)voit à la promotion du programme dans la circonscription. f) est responsable de la formation des membres de la circonscription j) prend toutes les mesures nécessaires pour assurer la participation au travail du Parti d'un nombre sans cesse croissant de citoyennes et de citoyens et est responsable de l'accueil des nouveaux membres. En ce qui concerne l'élaboration des idées et la réflexion politique, le leadership dans ce domaine est supposé s'exercer au sein de la Commission Politique du Parti Québécois tel que prévu à l'article 140 des Statuts du Parti Québécois. Tous ces gens sont élus, ils n'ont qu'a faire leur travail. Le chef n'a pas besoin de mettre sur pied une équipe parallèle, que le parti fasse son travail.
Monsieur Cloutier prévoit prendre environ trois ans pour définir le projet de pays. Ce qui me pousse à me poser une question. Ce projet n'est-il pas déjà établi, du moins en bonne parti? Si ce n'est pas le cas. Que fait la Commission Politique depuis toutes ces années? Le Parti Québécois a attendu 40 ans avant de publier son Manifeste pour la Souveraineté. Peut-être qu'il y a du vieux bois mort à bruler au sein des instances du parti. En tout cas, ça dort au gaz.
Avec une démarche sérieuse, le prochain chef doit être en mesure de se faire élire en diffusant ses idées sur le projet de pays, pas juste en présentant une ligne du temps. Une fois élu, le nouveau chef doit réunir les instances nécessaires à l'élection d'une nouvelle Commission Politique et doit faire modifier les Statuts afin que la Commission siège à chaque mois. Tout ça peut être fait dans les 6 mois suivant l'élection du prochain chef. Ce qui nous mène à environ fin 2015 ou mieux.
À partir de là, en un an, les instances du parti doivent réfléchir, débattre et voter le ''projet de pays'' afin d'approuver le tout en Congrès National au plus tard fin 2016.
2018 Élire:
Élections Générales
La démarche que je propose permettrait au Parti Québécois de bénéficier d'un an et quelques mois de campagne. Il ne faut pas attendre que Philippe Couillard déclenche des élections pour diffuser le projet de pays et convaincre la population de s'y rallier. Fin 2016 et 2017 doivent servir à mobiliser et informer. Le Parti Québécois doit prendre ce temps disponible pour agir comme si il était en campagne référendaire en espérant obtenir de la population le mandat clair et explicite de tenir un référendum sur l'indépendance du Québec en 2019. La démarche de monsieur Cloutier ferait perdre ce temps précieux au parti en plus de laisser planer toutes sortes de rumeurs concernant les intentions du Parti Québécois. Philippe Couillard a gagné la dernière élection parce que le Parti Québécois n'avait pas de position cohérente concernant l'idée d'indépendance, il ne faudrait pas faire le même cadeau au Parti Libéral une autre fois.
2019 Rédiger:
Compléter les études sur la souveraineté
Rédaction d'une constitution du Québec
Compléter quelles études ? Sur la quadrature du cercle? Franchement je ne comprend pas ce qu'il y a à étudier. Le lendemain de l'élection (avril 2018 si Couillard ne les devance pas malgré la loi) la priorité est de prendre le contrôle des finances publique et de la diplomatie Québécoise. Monsieur Parizeau a pris un an et un mois pour tenir un référendum. Pourquoi prendre presque trois ans? La démarche Parizeau peut être mise à jour et réappliquée.
Une constitution est de par sa nature la charpente d'un projet de pays. C'est pourquoi, en toute logique, une constitution de transition doit être adopté en même temps que le projet de pays du Parti Québécois. C'est un outil dont les militants ont besoin pour convaincre le peuple de donner un mandat clair au Parti Québécois. Il faut donc que cette constitution soit rédigée et approuvée par les membres du parti avant l'élection.
Une fois au pouvoir, le parti ne doit pas sombrer dans la gestion d'une province le temps de faire ce qu'il aurait du faire quelques années auparavant. Il doit mettre la fonction publique au service de l'indépendance en vu de tenir un référendum le plus tôt possible.
2020 Mobiliser:
Dévoilement du projet de pays
Dépôt de la constitution du Québec
Lancement d'une mobilisation citoyenne
Dévoiler le projet de pays en 2020, c'est être deux ans en retard, le train passe en 2018. Même chose pour la constitution. Le Parti Québécois doit se faire élire sur les bases de son projet de pays. Garder les choses secrètes et nébuleuses donne la victoire au Parti Libéral.
Si le Parti Québécois fait son travail comme il se doit à partir de la fin de l'année 2016 et obtient une victoire électorale sur la base du projet de pays, nous pourrons considérer que la population est mobilisée derrière l'idée d'indépendance. Nul besoin de retourner à la case départ.
2021 Consulter:
Consultation populaire sur la souveraineté du Québec.
Comme je l'ai démontré, si le Parti Québécois ne ''niaise pas avec le puck'', nous serions en mesure de tenir un référendum dans les environs d'Avril ou Mai 2019. Une fois les résultats du référendum annoncés, si le OUI l'emporte on célèbre et la semaine suivant l'Assemblée Nationale proclame d'indépendance du Québec et adopte la constitution provisoire. Ensuite on met sur pied une assemblée constituante et on commence à vivre comme un pays libre. Pourquoi monsieur Cloutier veut attendre de quelques mois à un an pour proclamer l'indépendance ? Pour négocier avec Ottawa?
En conclusion, je m'oppose à tout agenda qui étire dans le temps le projet d'indépendance du Québec. Chaque jour passé dans le Canada nuit au Québec. Chaque année compte. C'est pourquoi je préconise une démarche intense, ardue, mais payante à court terme. Le prochain chef et le Parti Québécois devront mettre les bouchées doubles et démontrer qu'ils sont capable de marcher et manger de la gomme en même temps. Repousser l'idée d'indépendance aux calendes grecques démoralise les troupes et concède du terrain aux autres partis.
mercredi 3 septembre 2014
L'option Drainville ou la calèche sans cheval
C'est en parcourant mon fil Twitter que je suis tombé sur la nouvelle, le journal de Montréal titrait: ''Bernard Drainville, Pas de Référendum avant 2023''. J'ai d'abord cru au canular, mais le liens menait effectivement à un véritable article du Journal de Montréal. J'ai lu l'article et j'ai immédiatement rédigé un Tweet adressé à monsieur Drainville pour lui souligner le fait que si il pense comme ça il ne devrait pas se présenter à la course à la chefferie du Parti Québécois. Monsieur Drainville m'a répondu en me suggérant de ne pas me fier à la manchette tout en me conseillant de lire son plan au lien suivant. http://bernarddrainville.org/drainville/2014/09/03/independance-2025-un-plan-sur-dix-ans/
J'ai lu son plan. Je suis d'accord sur certains éléments mais sur le fond je suis en profond désaccord. Au mieux, ce que monsieur Drainville propose c'est de revenir grosso-modo à la politique de Bernard Landry à une nuance près: au lieu d'attendre les conditions gagnantes on va tenter de les mettre en place. On se croirait revenu à la ''Saison des idées'' lancée par monsieur Landry en pleine perte de vitesse. Au pire, cette tactique risque de vider le Parti Québécois de ses meilleurs éléments en les repoussant vers les autres parti indépendantistes. Est-ce que monsieur Drainville souhaite être le chef qui mettra la clé dans la porte du Parti Québécois?
D'entrée de jeu monsieur Drainville affirme: ''On sait tous que le programme du Parti Québécois ne se résume pas à la seule question nationale. Dans les prochains mois et les prochaines années, il va falloir offrir des réponses concrètes aux besoins et aux aspirations des Québécois dans tous les domaines:... '' Cela est vrai puisque pour les prochaines années le Parti Québécois siègera à l'opposition et soyez assurés que le Parti Libéral ne mettra pas l'indépendance du Québec à l'agenda de l'Assemblée Nationale. Mais à trop vouloir bien paraître dans ces domaines on tombe inévitablement dans le syndrome du ''bon gouvernement de province'' et cela n'est pas le rôle historique du Parti Québécois, sa mission c'est de faire l'indépendance du Québec.
Dans son texte, monsieur Drainville fait référence à trois convictions. Concernant la première, je suis tout à fait d'accord sur le fait que le Parti Québécois ''a besoin de se donner un plan stratégique pour réaliser l’indépendance '', nul ne peut en douter.
À propos de la deuxième conviction, monsieur Drainville déclare: '' le Parti Québécois ne doit plus jamais se présenter devant les électeurs québécois avec une position ambiguë à propos de la tenue ou non d’un référendum''. Je suis tout à fait d'accord avec cette affirmation. Cependant ma vision est diamétralement opposée à ce qui suit: ''aux prochaines élections, en 2018, nous devrons nous engager à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat.'' Monsieur Drainville, une telle position est intenable, depuis que le Parti Québécois existe chaque élection porte sur le thème d'un référendum. Soyez assuré que le département des communications du Parti Libéral aidé des médias traditionnels auront suffisamment de trente jours pour transformer cet engagement en parole d'ivrogne. De plus, le Parti Québécois n'a rien à faire au pouvoir si il n'a pas l'intention de réaliser la souveraineté du Québec au cours du mandat qui lui a été confié. Vaut mieux rester dans l'opposition, ce qui laissera d'avantage de temps aux députés et aux instances du parti pour faire la promotion de la souveraineté. De plus, d'un point de vue purement électoraliste, cette position mène le Parti Québécois à la pire défaite électorale jamais vue: Les ''purs et durs'' se tourneront vers Option Nationale et tant qu'à simplement gouverner une province, le membre à droite voterons pour la CAQ et les syndicalistes du parti se tourneront vers Québec-Solidaire. Déjà, Québec-Solidaire a littéralement volé 18 circonscriptions au Parti Québécois lors de la dernière élections, combien d'autres faut-il leur offrir? Et après tout ces efforts au cours d'un mandat, qu'Est-ce qui garanti au parti un second mandat? Une fois battus il faudrait tout recommencer à zéro en espérant un retour au pouvoir?
Je suis tout à fait d'accord avec la troisième conviction de monsieur Drainville, soit, celle d'utiliser l'État pour préparer l'indépendance. C'est dans la logique des choses et il en va de soi. Par contre mes attentes sont plus élevées envers le prochain chef du Parti Québécois que ce que monsieur Drainville propose de livrer. Je considère que le fait de prendre un mandat en entier pour arriver à ces fins n'a pas de sens. Le Parti Québécois et son futur chef seront-ils capables de marcher et de manger de la gomme en même temps?
Le problème avec le Parti Québécois c'est qu'il est en retard sur son agenda. Lorsque le parti a publié le Manifeste pour la souveraineté pour célébrer son quarantième anniversaire je suis tombé en bas de ma chaise. Le congrès euphorique c'est empressé d'applaudir ce texte tombé des cieux. Quarante ans en retard. Comme si Karl Marx avait attendu le 40e anniversaire du parti communiste pour lancer son manifeste. Bêtise.
L'étapisme version 2.0:
Dans son texte, monsieur Drainville nous propose les trois grandes étapes vers l'indépendance. Un parcours qui selon lui prendra environ dix ans.
1-L'opposition:
Créer un groupe de recherche: Voilà que l'indépendance n'est plus une question de trippes, de valeurs ou de principes, c'est devenu une science. Pourquoi devrions-nous prendre les 4ans à l'opposition pour réinventer la roue. Les raisons et les arguments pour faire l'indépendance sont les mêmes depuis 1759 et au fil du temps il s'en est greffé un paquet d'autres. Pas besoin d'universitaires réunis en conseil pour organiser des assemblées de cuisines à l'année longue. Pas besoins de pelleteux-de-nuages pour lâcher twitter une soirée par semaine afin de faire de l'action politique. Convaincre ce n'est pas réfléchir, c'est aller vers les autres.
2-La préparation-premier mandat:
Si il y a un homme au Québec qui a su placer les cartes de la nation afin de passer à l'étape suivante advenant un référendum gagnant c'est Jacques Parizeau. Élu le 12 septembre 1994, un an et un mois plus tard il état en position de faire un référendum et de faire face à la musique advenant une victoire. Pourquoi attendre quatre ans? Voulez-vous déclencher une élection surprise après seulement un an de mandat?
3-La réalisation:
Pour parvenir à l'indépendance, monsieur Drainville propose une seconde élection. Une élection qui sera en fait un référendum sur le référendum. Il propose de présenter à la population '' un document exhaustif sur l’avenir du Québec, qui répondra à toutes les questions que se posent les Québécois sur le Québec indépendant, en mettant cette option en opposition au statut de province;''. Monsieur Drainville, les québécois et québécoise ont peine à lire les titres qui défilent au bas de l'écran à RDI et LCN. Croyez-vous vraiment que votre document exhaustif préparé par votre comité d'expert sera lu par plus de 15-20 québécois? L'électorat c'est comme Rogatien de taxi 22, ils veulent un titre, une photo et une signature. Les gens ne lisent même pas les programmes électoraux comment pensez-vous atteindre ce miracle?
Bref je considère la démarche proposée par monsieur Drainville comme étant suicidaire et l'indépendance ne peut pas attendre un autre 10ans dans le meilleur des cas. Je ne pourrais imaginer une meilleur méthode pour étouffer l'idée d'indépendance pour les 50 prochaines années à venir. Et comme j'ai 33 ans, que je n'ai pas voté au dernier référendum, j'aimerais avoir la chance de voter Oui avant ma mort.
Et en ce qui concerne la course à la chefferie, je n'ai pas pris position, mais je dois avouer que j'ai très hâte de voir le dépôt officiel de la candidature de Jean-François Lisée.
Charles Vaillancourt
membre du PQ
J'ai lu son plan. Je suis d'accord sur certains éléments mais sur le fond je suis en profond désaccord. Au mieux, ce que monsieur Drainville propose c'est de revenir grosso-modo à la politique de Bernard Landry à une nuance près: au lieu d'attendre les conditions gagnantes on va tenter de les mettre en place. On se croirait revenu à la ''Saison des idées'' lancée par monsieur Landry en pleine perte de vitesse. Au pire, cette tactique risque de vider le Parti Québécois de ses meilleurs éléments en les repoussant vers les autres parti indépendantistes. Est-ce que monsieur Drainville souhaite être le chef qui mettra la clé dans la porte du Parti Québécois?
D'entrée de jeu monsieur Drainville affirme: ''On sait tous que le programme du Parti Québécois ne se résume pas à la seule question nationale. Dans les prochains mois et les prochaines années, il va falloir offrir des réponses concrètes aux besoins et aux aspirations des Québécois dans tous les domaines:... '' Cela est vrai puisque pour les prochaines années le Parti Québécois siègera à l'opposition et soyez assurés que le Parti Libéral ne mettra pas l'indépendance du Québec à l'agenda de l'Assemblée Nationale. Mais à trop vouloir bien paraître dans ces domaines on tombe inévitablement dans le syndrome du ''bon gouvernement de province'' et cela n'est pas le rôle historique du Parti Québécois, sa mission c'est de faire l'indépendance du Québec.
Dans son texte, monsieur Drainville fait référence à trois convictions. Concernant la première, je suis tout à fait d'accord sur le fait que le Parti Québécois ''a besoin de se donner un plan stratégique pour réaliser l’indépendance '', nul ne peut en douter.
À propos de la deuxième conviction, monsieur Drainville déclare: '' le Parti Québécois ne doit plus jamais se présenter devant les électeurs québécois avec une position ambiguë à propos de la tenue ou non d’un référendum''. Je suis tout à fait d'accord avec cette affirmation. Cependant ma vision est diamétralement opposée à ce qui suit: ''aux prochaines élections, en 2018, nous devrons nous engager à ne pas tenir de référendum dans un premier mandat.'' Monsieur Drainville, une telle position est intenable, depuis que le Parti Québécois existe chaque élection porte sur le thème d'un référendum. Soyez assuré que le département des communications du Parti Libéral aidé des médias traditionnels auront suffisamment de trente jours pour transformer cet engagement en parole d'ivrogne. De plus, le Parti Québécois n'a rien à faire au pouvoir si il n'a pas l'intention de réaliser la souveraineté du Québec au cours du mandat qui lui a été confié. Vaut mieux rester dans l'opposition, ce qui laissera d'avantage de temps aux députés et aux instances du parti pour faire la promotion de la souveraineté. De plus, d'un point de vue purement électoraliste, cette position mène le Parti Québécois à la pire défaite électorale jamais vue: Les ''purs et durs'' se tourneront vers Option Nationale et tant qu'à simplement gouverner une province, le membre à droite voterons pour la CAQ et les syndicalistes du parti se tourneront vers Québec-Solidaire. Déjà, Québec-Solidaire a littéralement volé 18 circonscriptions au Parti Québécois lors de la dernière élections, combien d'autres faut-il leur offrir? Et après tout ces efforts au cours d'un mandat, qu'Est-ce qui garanti au parti un second mandat? Une fois battus il faudrait tout recommencer à zéro en espérant un retour au pouvoir?
Je suis tout à fait d'accord avec la troisième conviction de monsieur Drainville, soit, celle d'utiliser l'État pour préparer l'indépendance. C'est dans la logique des choses et il en va de soi. Par contre mes attentes sont plus élevées envers le prochain chef du Parti Québécois que ce que monsieur Drainville propose de livrer. Je considère que le fait de prendre un mandat en entier pour arriver à ces fins n'a pas de sens. Le Parti Québécois et son futur chef seront-ils capables de marcher et de manger de la gomme en même temps?
Le problème avec le Parti Québécois c'est qu'il est en retard sur son agenda. Lorsque le parti a publié le Manifeste pour la souveraineté pour célébrer son quarantième anniversaire je suis tombé en bas de ma chaise. Le congrès euphorique c'est empressé d'applaudir ce texte tombé des cieux. Quarante ans en retard. Comme si Karl Marx avait attendu le 40e anniversaire du parti communiste pour lancer son manifeste. Bêtise.
L'étapisme version 2.0:
Dans son texte, monsieur Drainville nous propose les trois grandes étapes vers l'indépendance. Un parcours qui selon lui prendra environ dix ans.
1-L'opposition:
Créer un groupe de recherche: Voilà que l'indépendance n'est plus une question de trippes, de valeurs ou de principes, c'est devenu une science. Pourquoi devrions-nous prendre les 4ans à l'opposition pour réinventer la roue. Les raisons et les arguments pour faire l'indépendance sont les mêmes depuis 1759 et au fil du temps il s'en est greffé un paquet d'autres. Pas besoin d'universitaires réunis en conseil pour organiser des assemblées de cuisines à l'année longue. Pas besoins de pelleteux-de-nuages pour lâcher twitter une soirée par semaine afin de faire de l'action politique. Convaincre ce n'est pas réfléchir, c'est aller vers les autres.
2-La préparation-premier mandat:
Si il y a un homme au Québec qui a su placer les cartes de la nation afin de passer à l'étape suivante advenant un référendum gagnant c'est Jacques Parizeau. Élu le 12 septembre 1994, un an et un mois plus tard il état en position de faire un référendum et de faire face à la musique advenant une victoire. Pourquoi attendre quatre ans? Voulez-vous déclencher une élection surprise après seulement un an de mandat?
3-La réalisation:
Pour parvenir à l'indépendance, monsieur Drainville propose une seconde élection. Une élection qui sera en fait un référendum sur le référendum. Il propose de présenter à la population '' un document exhaustif sur l’avenir du Québec, qui répondra à toutes les questions que se posent les Québécois sur le Québec indépendant, en mettant cette option en opposition au statut de province;''. Monsieur Drainville, les québécois et québécoise ont peine à lire les titres qui défilent au bas de l'écran à RDI et LCN. Croyez-vous vraiment que votre document exhaustif préparé par votre comité d'expert sera lu par plus de 15-20 québécois? L'électorat c'est comme Rogatien de taxi 22, ils veulent un titre, une photo et une signature. Les gens ne lisent même pas les programmes électoraux comment pensez-vous atteindre ce miracle?
Bref je considère la démarche proposée par monsieur Drainville comme étant suicidaire et l'indépendance ne peut pas attendre un autre 10ans dans le meilleur des cas. Je ne pourrais imaginer une meilleur méthode pour étouffer l'idée d'indépendance pour les 50 prochaines années à venir. Et comme j'ai 33 ans, que je n'ai pas voté au dernier référendum, j'aimerais avoir la chance de voter Oui avant ma mort.
Et en ce qui concerne la course à la chefferie, je n'ai pas pris position, mais je dois avouer que j'ai très hâte de voir le dépôt officiel de la candidature de Jean-François Lisée.
Charles Vaillancourt
membre du PQ
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